Je vais être honnête : quand j’ai appris que Disney ressortait Freaky Friday (qu’on rebaptise cette fois Freakier Friday, parce qu’apparemment un superlatif, ça suffit à créer une suite), j’ai soupiré. Encore une revisite. Encore un film qui joue sur la nostalgie. Encore une comédie familiale où l’on échange son corps, ses problèmes et sa patience.

Mais me voilà, assis dans la salle, face à Anna Coleman (Jamie Lee Curtis), devenue mère célibataire d’une adolescente, Harper, qui a hérité du même caractère bien trempé que sa mère dans le premier film. Et puisque les scénaristes adorent compliquer les vies déjà chaotiques, Anna tombe amoureuse d’Eric, un Britannique d’origine philippine – charmant, drôle, papa d’une ado lui aussi. Résultat : deux familles, deux ados qui se détestent, et une malédiction qui n’avait rien demandé.
Nisha Ganatra (Late Night, The High Note) signe la réalisation, et je dois admettre que son regard est plus actuel que ce qu’on pouvait craindre. Loin de photocopier l’original, elle injecte une énergie contemporaine : diversité bienvenue, humour qui tape parfois juste, et une bonne dose de chaos. Le film dure 1h50, mais il aurait pu se permettre quelques coupes, notamment dans le ventre mou du deuxième acte où les blagues tournent un peu en rond.
Est-ce que ça fonctionne ? Oui… à moitié. Jamie Lee Curtis est toujours impeccable, capable de jouer l’ado coincée dans le corps d’une adulte avec un timing comique que peu de jeunes actrices lui égalent. Mais c’est surtout le duo des deux adolescentes qui surprend : mordantes, crédibles, elles volent souvent la vedette. La mécanique de l’échange de corps, elle, n’a plus vraiment l’effet de surprise, mais reste efficace parce que, soyons honnêtes, voir un adulte paniquer en découvrant TikTok, ça marche encore.

Disney produit, et ça se voit : tout est propre, calibré, familial. Peut-être trop. On sourit, on s’amuse, mais on n’est jamais vraiment bousculés. La morale est claire (la famille recomposée, c’est le chaos mais aussi la richesse), et on sort de là avec le sentiment d’avoir assisté à un bon divertissement du vendredi soir… sans plus.
Bref, Freakier Friday n’est pas la catastrophe que je redoutais. Ce n’est pas non plus le miracle que certains espéraient. C’est un film qui fait ce qu’il promet : un mélange de comédie et de bons sentiments, emballé dans une recette que Disney maîtrise trop bien pour oser la chambouler.
Un vendredi plutôt tiède, donc. Mais au moins, pas totalement freaky.




