Je savais que ce ne serait pas une soirée comme les autres dès que j’ai mis un pied autour du Centre Vidéotron. Impossible de se tromper : les fans de Katy Perry ne font rien à moitié. Perruques rose bubblegum ou bleu électrique, serre-têtes à oreilles de chat scintillants, jupes à paillettes qui reflétaient les lumières du stade avant même que le show ne commence… c’était comme plonger dans un festival arc-en-ciel géant, version pop.
Et à l’intérieur ? Une salle pleine à craquer et une scène déjà des surprises. 20h45 tapantes : extinction des feux, cris hystériques, et bam : Level 1. C’est comme ça que le Lifetime Tour de Katy commence.

Une scénographie pensée comme un jeu vidéo
Le Lifetime Tour s’articule comme un jeu en cinq niveaux, chacun introduit par une séquence vidéo et marqué par un univers visuel distinct. À chaque niveau, un changement de décor, une nouvelle ambiance… et bien sûr, une nouvelle tenue pour Katy. Des paillettes aux armures futuristes en passant par des ensembles fluorescents, elle a littéralement défilé, tout en courant d’un bout à l’autre de sa scène en forme de symbole infini.
Oui, une scène en forme d’infini. Ce détail visuel en dit long : Katy Perry ne se contente pas de performer, elle construit un univers.

Quarante ans, des ailes dans les jambes et aucune corde de secours
Elle l’a glissé en riant entre deux chansons : « J’ai 40 ans maintenant. »
Et franchement ? Si elle ne l’avait pas dit, personne n’aurait pu le deviner.
Pendant deux heures, Katy a littéralement enchaîné les sauts, les courses, les acrobaties, les envolées et tout ça en chantant en live, sans jamais trahir la moindre fatigue dans sa voix. Elle grimpait, voltigeait, virevoltait dans les airs suspendue à des câbles, avant d’atterrir tranquillement pour enchaîner sur un tube, comme si de rien n’était. À un moment, elle flottait au-dessus de nos têtes sur le dos d’un papillon géant (oui, un vrai, avec des ailes qui battent), transformant l’aréna en rêve éveillé.
Elle n’a clairement pas le vertige. Et encore moins de limites.
Une troupe à couper le souffle
Impossible de parler du show sans saluer ses danseurs. Ils sont partout, tout le temps, et ils assurent à un niveau hallucinant. À la fois chorégraphes, acrobates, performers… Chaque mouvement est pensé, millimétré, mais jamais mécanique. On passe de la danse contemporaine à un numéro de cirque, puis à une explosion pop sans transition, avec un naturel désarmant.
Le moment qui m’a le plus bluffée ? Cette séquence suspendue dans une sphère métallique, où Katy et ses danseurs tournaient dans les airs comme des étoiles filantes. C’était irréel.
Et malgré la précision, la technique, la mise en scène réglée au quart de seconde, rien ne semblait figé. Au contraire : tout respirait la générosité et la complicité.
Une vraie proximité avec son public
Ce qui rend ce genre de spectacle inoubliable, c’est aussi l’humain derrière le show. Et Katy n’a pas manqué de le montrer. Entre deux chansons, elle s’est adressée au public avec simplicité, alternant anglais et petites phrases en français avec un accent charmant, et surtout une intention sincère. Elle a même fait monter quatre fans sur scène, leur a parlé comme à des ami·es, a ri, a écouté, a partagé.
Ce genre de moment, dans un show de cette ampleur, c’est rare. Et précieux.
Un message clair, comme toujours
Sans surprise, Katy a aussi pris soin de rappeler son attachement à la communauté LGBTQ+. Dans ses mots, dans ses gestes, dans son esthétique ce soutien n’est pas une façade, c’est un engagement profond qui fait partie intégrante de son identité artistique.
Une avalanche de classiques et un instant suspendu
La setlist ? Une déferlante. Teenage Dream, California Gurls, Hot n’ Cold, Roar, Last Friday Night, Firework… Tous les incontournables étaient là, portés par une énergie folle. Mais ce que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est cette pause inattendue au cœur du spectacle : un moment acoustique, tout simple, guitare en main, voix posée. Un souffle de calme dans un océan de lumières.
Un spectacle total
Ce n’était pas un simple concert. C’était un mélange d’opéra pop, de cabaret futuriste, de rêve de gamine mis en scène avec la rigueur d’un show de Broadway. C’était un hommage à la scène, au public, à la liberté d’être soi-même. C’était Katy Perry. En grand. En vrai.
Et moi, je suis repartie les yeux brillants, le cœur plein, et une conviction en tête : certaines artistes écrivent des refrains. D’autres écrivent des souvenirs.
Elle, elle fait les deux en dansant dans les airs.




