
Je ne sais pas si c’est moi qui deviens un vieux con (probable) ou si Marvel s’amuse à recycler son univers jusqu’à l’essoufflement, mais ce nouveau 4 Fantastiques m’a laissé un goût amer. Oui, la réalisation est bonne. Oui, c’est propre, calibré, avec des effets spéciaux qui claquent comme une démo technique pour convaincre les actionnaires que tout va bien dans le royaume des super-héros. Mais au fond, je m’en fiche. Parce que tout ce qui faisait battre mon cœur dans l’original, tout ce qui me donnait l’impression qu’un film de super-héros pouvait être fun, un peu kitsch mais sincère, n’est plus là.

Je parle bien sûr du regretté Julian McMahon. Son Doctor Doom avait une aura, une noirceur presque théâtrale, une classe qui donnait envie de voir le méchant gagner (au moins une fois). Ici, le nouveau casting est… correct. Ni plus ni moins. Les acteurs font le boulot, mais je n’ai jamais senti d’alchimie, ni même d’étincelle. Reed, Sue, Johnny et Ben sont plus lisses que des figurines sorties d’un packaging collector.

Le scénario ? C’est une origin story sans réelle audace, qui coche les cases comme un étudiant qui veut juste passer l’examen sans se faire remarquer. On sent pourtant quelques bonnes intentions, des dialogues qui essaient d’être malins, mais rien qui ne me donne l’envie d’y repenser une fois la salle quittée.

Je le dis souvent : on peut me donner tous les CGI du monde, si je ne ressens rien, c’est mort. Là, j’ai regardé cette équipe se former avec la même intensité que quand je regarde l’eau bouillir. Marvel sait faire des machines efficaces, mais là, c’est l’émotion qui manque.
Alors oui, je sais : les nostalgiques comme moi ont toujours ce réflexe de comparer. Mais en sortant, je n’ai pu m’empêcher de revoir la silhouette de McMahon en Doom, ce sourire carnassier, ce charisme qui bouffait l’écran… Et je me dis que certains fantômes de cinéma, eux, ne vieillissent pas.




