
Disney relance la saga Tron avec un troisième film qui ne joue plus la carte de la nostalgie, mais celle de la mutation esthétique. Tron : Ares se positionne comme un blockbuster SF ambitieux, taillé pour les écrans géants et les spectateurs qui veulent autre chose qu’un simple déluge de CGI. Joachim Rønning, artisan du spectacle calibré mais élégant, semble avoir trouvé l’équilibre parfait entre hommage et réinvention.
Jared Leto, le vilain qui aime ça
Certains acteurs sont nés pour les rôles sombres. Jared Leto en fait partie. Après avoir livré un Joker controversé mais mémorable dans Suicide Squad, il revient ici en Ares, un antagoniste qui pourrait bien devenir l’une des figures cultes de la saga. Il incarne la part d’ombre avec une intensité presque perverse, comme s’il prenait un malin plaisir à explorer tout ce qui dérange dans la nature humaine.

Nine Inch Nails, l’héritier inattendu de Daft Punk
Avouons-le : passer derrière Daft Punk pour signer la BO de Tron, c’est comme jouer après Bowie en première partie, suicidaire. Mais Nine Inch Nails relève le gant avec un morceau hypnotique, métallique, presque viscéral. Trent Reznor et Atticus Ross, maîtres du minimalisme sombre, livrent une signature sonore qui fusionne textures industrielles et mélodies synthétiques. C’est une claque froide et nerveuse, qui redonne à l’univers Tron une âme électrique et une gravité que peu osent encore dans la SF.
Bande-annonce officielle
Un univers visuel repensé
Plus qu’un simple film d’action futuriste, Tron : Ares s’annonce comme une véritable expérience sensorielle. La photographie joue avec les contrastes néon/noir comme un peintre de la lumière, tandis que les séquences d’action semblent conçues pour tester la réactivité de notre nerf optique. Véhicules futuristes, arènes numériques et effets spéciaux de dernière génération composent un spectacle à la fois rétro et furieusement contemporain.
Tron : Ares veut rappeler que la science-fiction n’est pas qu’une orgie de pixels vides. Jared Leto y trouve son terrain de jeu préféré : la noirceur élégante, presque venimeuse. Ajoutez la pulsation électro de Ninch et on obtient un film qui pourrait enfin oser déranger, au lieu de rassurer. À moins que Hollywood ne préfère, encore une fois, briller sans étincelle.




